Aujourd’hui, le courage me manque encore pour écrire ces quelques lignes. Les mots se figent, le cœur se serre, mais le silence serait une seconde trahison pour celui qui a tant compté, Balit Yacine (1971–1998). Un nom qui résonne au Village Timesririne comme le gardien d’une époque révolue, celle de notre insouciance.

Dans cette communauté où nos liens se confondent et où nous sommes tous un peu cousins

Balit Yacine était ce rêveur magnifique qui a accompagné nos chimères d’adolescents, celui qui donnait de la couleur à nos espoirs et une forme à nos utopies.

Pour moi, il a été bien plus qu’un repère : il a incarné ce grand frère protecteur et solide, celui qui n’a jamais manqué à l’appel lors de mes moments les plus difficiles.

On dit souvent que les vrais amis sont comme les étoiles : on ne les voit pas tout le temps, mais on sait qu’ils sont toujours là. Yacine était de cette trempe-là, une lumière constante dans la nuit.

Et puis, il y a eu ce terrible soir de 1998. une date gravée dans la douleur, cette image qui me hante et déchire le cœur. la trahison la plus absolue est venue de l’intérieur, portée par quelqu’un du village, un voisin, un visage familier.

Alors que Yacine s’apprêtait à allumer ce qui allait être sa toute Dernière Cigarette, la lâcheté et la trahison ont frappé dans l’ombre, son assassin l’a pris par surprise, par-derrière, lui plantant un couteau dans le cou sans lui laisser la moindre chance de se défendre, Yacine s’est effondré au sol, inerte, baignant dans son sang.

Une fin d’une violence innommable, commise par un homme de notre propre terre, à l’encontre d’un être si lumineux, arraché à la vie par la plus vile des cruautés.

Le monde a continué de tourner, mais le vide qu’il a laissé reste abyssal. près de trente ans plus tard, le chagrin reste entier, mais la mémoire, elle, est inviolable.

Je garde de toi, Mon très cher cousin Yacine, des mots suspendus, des images gravées et des souvenirs ineffaçables. Tu as été trahi par un voisin, mais tu resteras à jamais vivant dans l’âme de ce village.

Pardonne-lui ses fautes, apaise ses souffrances passées et accorde-lui Ton pardon éternel. Nous T’implorons humblement de lui ouvrir les portes de Ton Saint Paradis, afin qu’il y trouve enfin la paix et la lumière qu’on lui a si injustement ravies ici-bas … Amin. »

Balit Yacine